
Voici trois ans qu'est morte ma grand'mère,
La bonne femme, - et, quand on l'enterra,
Parents, amis, tout le monde pleura
D'une douleur bien vraie et bien amère.
Moi seul j'errais dans la maison, surpris
Plus que chagrin ; et, comme j'étais proche
De son cercueil, - quelqu'un me fit reproche
De voir cela sans larmes et sans cris.
Douleur bruyante est bien vite passée :
Depuis trois ans, d'autres émotions,
Des biens, des maux, - des révolutions, -
Ont dans les murs sa mémoire effacée.
Moi seul j'y songe, et la pleure souvent ;
Depuis trois ans, par le temps prenant force,
Ainsi qu'un nom gravé dans une écorce,
Son souvenir se creuse plus avant !
Gérard de NERVAL (1808-1855)
(Recueil : Odelettes)
Tu es pressé d'écrire,
C'est tres beaux ce poême; je n'avais pas pleure a l'enterrement de mon grand pere, mais tous les jours de ma vie j'ai son souvenir avec moi, c'est l'homme que j'ai aime et admiré le plus dans ma vie .
MARU (marussia)